LE PIGNADIER
Pignadier est un mot français dérivé de l’appellation gasconne pinhadèir lequel provient du gascon pinhadar ou pignada(r) qui signifie forêt.
Le pignadar est un mot masculin qui a donné pinède en français, c’est un terrain planté de pins maritimes.
L’Abbé Albert Gaillard, curé de Belin, très grand historien local, auteur de nombreux ouvrages, dans A l’ombres des pinèdes édité en 1916 intitule un paragraphe » Faut il dire Résinier, Gemmeur ou Gemmier ? et explique que le pignardier est l’ouvrier de la forêt, du pignada(r)
Le pignadier est un laboureur qui prépare le sol, sème les graines de pins et entretient les plantations jusqu’au moment où les arbres âgés de trente à quarante ans vont pouvoir être gemmés par un autre que lui.
En 1911, monsieur Ricard ingénieur agronome de Paris, propose le mot de « gemmeur » qui se dit gemaire en gascon.
L’abbé Daney, curé de Toctoucau le suit, vint alors l’abbé Daugé, curé de Beylongue (près de Tartas) qui réfuta ce terme de gemmeur qu’il jugeait être un barbarisme poétique à la place de celui de gemmier .
Un anonyme suggéra que le mot exact était résinier.
Daugé furieux édita une brochure de 48 pages dans laquelle il proclame qu’il faut dire gemmier.
Pour lui le résinier ou (ar)rosinèir en gascon est celui qui fabrique la résine. Le gemmier (yémé en gascon) est l’inciseur du pin, celui qui les pique.
Si le mot de gemmier ne s’est pas imposé, le terme poétique de gemmeur a conquis une partie des habitants tandis que celui de résinier résiste.






